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Selma Merbaum. Nous nous embraserons comme en rêve

Selma Merbaum ou Meerbaum (1924-1942), est aujourd’hui, avec Paul Celan, Rose Ausländer, Immanuel Weissglas, une des quatre étoiles de la poésie de langue allemande de Czernowitz et elle sera peut-être un jour un des grands noms de la poésie allemande du XXème siècle. Née en 1924 à Czernowitz, morte en déportation dans le camp de Mikhaïlovka en Ukraine occupée en 1942, Selma a fait son apparition dans la vie littéraire de langue allemande longtemps après sa mort, grâce à la première publication de son recueil à Tel-Aviv en 1976, puis en Allemagne en 1980.

Marc Sagnol

Ouvrage Bilingue, traduction de l’allemand par Marc Sagnol.

ISBN : 978-2-9546600-9-7

15 €

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N

- Présentation de Selma à Lyon : Bibliothèque Diderot de Lyon-

Récits et poèmes d’Ukraine, des Carpates à la Bucovine

14 février 2020 de 14h-17h


L’espace littéraire de Berlin-Vladivostok 2019-2020

Marc Sagnol, traducteur et poète, connaisseur de l’Europe centrale et orientale et notamment de la poésie de Bucovine, a traduit et publié en 2018 le recueil de Selma Meerbaum, sous le titre Nous nous embraserons comme en rêve, aux éditions Atelier Guyanne. Il présentera cette œuvre singulière, en la replaçant dans le contexte de l’histoire de la déportation des Juifs de Czernowitz. Il présentera aussi des photographies de Czernowitz et d’autres sites juifs d’Ukraine.

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Notre deuxième invité de ce jour est Marc Sagnol, directeur de l’Institut Français de Thuringe à Erfurt en Allemagne. Germaniste, philosophe, traducteur, photographe et poète lui-même, Marc Sagnol a publié en 2018 sa traduction des poèmes de Selma Meerbaum (1924-1942), Nous nous embraserons comme en rêve / Wir wollen glühn so wie im Traum, aux éditions Atelier GuyAnne. Il commence sa présentation de l’œuvre de la jeune poétesse en évoquant la capitale de la Bucovine où elle a passé toute son existence avant sa déportation en Transnistrie – une ville alors roumaine, de langue allemande : Czernowitz en allemand, Cernăuți en roumain, Tchernivtsi (Чернівці) en ukrainien, d’où sont originaires d’autres poètes d’expression allemande appartenant à la même génération, comme Paul Celan, le cousin issu de germain de Selma (1920-1970), Immanuel Weissglas (1920-1979) et Rose Ausländer (1901-1988).
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Note de lecture dans en-attendant-nadeau.fr/2018/09

« ...On songe sans doute avec émotion à tous ces enfants grandis trop vite à cause de la guerre, à tous ceux qui ont voulu laisser une trace de leur passage, dessins, embryons de textes arrachés à l’horreur qui continuent de nous glacer et de nous fasciner à la fois, attestant depuis le milieu de l’enfer d’une formidable pulsion de vie. Mais avec Selma Meerbaum, c’est différent : elle est poète, son jeune âge ne fait rien à l’affaire, et son œuvre vaut d’abord pour ce qu’elle est. Si la connaissance du contexte est utile, elle n’est pas indispensable pour apprécier la qualité ou la force des poèmes, entendre leur musique, laisser pénétrer en nous leurs images. Ce n’est pas seulement la jeune déportée qui nous émeut, c’est la femme qui s’engage totalement dans sa poésie, en maîtrise la forme, tantôt délicate et sensuelle, tantôt déterminée et hardie, toujours authentique... »

par Jean-Luc Tiesset

ÉTUDES GERMANIQUES, JUILLET-SEPTEMBRE 2018

438 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES

Selma MEERBAUM. — « Nous nous embraserons comme en rêve »/ « Wir wollen glühn so wie im Traum ». Recueil de poèmes sauvés de la disparition.
Traduction, préface et notes de Marc Sagnol (Paris, Atelier Guy Anne, 2018,
148 p., 15 €)
Marc Sagnol, par ses nombreuses études sur la Bucovine, Czernowitz et la Transnistrie, est devenu le spécialiste reconnu de la Shoah et de son expression littéraire. Comme le montrent ses travaux sur Celan et Rose Ausländer, il a accordé à la poésie la première place, la reliant à une chronologie et à une typologie précises, qu’il a pour une part contribué à identifier : ainsi en va-t-il des camps d’internement de Mikhaïlovka et d’Obodovka. Sagnol a déjà donné à notre Revue (62, 2007, p. 159-177) une présentation à destination des publics français de la poétesse Selma Meerbaum. Le présent volume constitue un bilan de ce que nous savons et possédons de cette jeune femme née en 1924 et morte en déportation en 1942.
Le recueil des poèmes de l’auteure avait été confié par elle à un jeune juif et il a été publié à plusieurs reprises. L’édition allemande de référence est celle de Helmut Braun, éminent spécialiste de Rose Ausländer, au Rimbaud-Verlag (Aix-la-Chapelle) en 2014. C’est elle que suit Sagnol pour sa traduction.
La version française a l’éminent mérite de restituer à ces textes leur forme fluide et élaborée au service d’une pratique poétique résolument non hermétique. Simultanément ils permettent de replacer Selma Meerbaum dans un paysage littéraire qui est celui du multilinguisme et de la multiculturalité. Ce point est particulièrement sensible dans la pratique de la traduction qui, sur ce point du moins, rapproche Selma Meerbaum de Celan. Ainsi lui doit-on une version allemande d’un poème d’Itzik Manger, une autre d’Halpern Levite – deux originaux en yiddish –, mais aussi une autre en allemand d’Il pleut dans mon coeur et de la Chanson d’automne de Verlaine.
Selma Meerbaum, jouant sur le terme de « florilège » (Blütenlese) donné comme sous-titre au recueil, avait imaginé une organisation en parties placées chacune sous l’invocation d’une fleur. L’éditeur a eu l’heureuse idée de reproduire en hors-textes une série d’illustrations reposant sur des motifs floraux. Cette publication est essentielle. Elle apporte un témoignage de premier plan sur un paysage qu’on a longtemps dit « englouti ».

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Anne Mounic | | guybraun.fr

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